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Une aversion sous-tend l’ensemble de nos attitudes comme de nos prises de position et de nos écrits en général, une aversion vis-à-vis de toute manifestation du pouvoir. Non vis-à-vis du pouvoir en tant que tel - qu’il y ait un pouvoir est inévitable au même titre qu’est inévitable et naturelle l’hostilité à son égard-, mais vis-à-vis de la posture de pouvoir, de sa mimique; à l’égard de l’indécence du pouvoir, de cette honte. Car tout pouvoir fait honte.
Tout pouvoir expose à l’indécence et particulièrement à cette forme de fatuité qu’inspire pour beaucoup la moindre position d’importance en société. Et si l’on plastronne ainsi c’est que l’on a de la sorte la certitude d’être unanimement envié. On pourra toujours se souvenir à ce propos, pour mieux prendre la mesure de la distance qui nous sépare d’une certaine vérité nue du pouvoir, de ce rite amazonien décrit par Lévi-Strauss qui consistait à asseoir le chef de la tribu une fois l’an sur une chaise percée au-dessus d’un tas de braises et à le faire discourir dans cette attitude, jusqu’à ce que le ridicule de la situation tourne au pitoyable; cela comme exposition et conjuration du ridicule inhérent à la fonction de chef.
La gamme de mimiques jouisseuses du pouvoir, qui fait l’essentiel de l’imagerie des magazines, ne peut inspirer qu’un hérissement épidermique à quiconque ignore l’envie du pouvoir et les plaisirs de la soumission. Mais plus affligeant encore est de désirer ce pouvoir. De se projeter avec délice dans tant de bouffonnerie relâchée. Le « naturel » au pouvoir est toujours une forme d’obscénité en ce sens qu’il n’existe pas d’accès naturel au pouvoir sauf dans les religions et les mythes. Vouloir faire passer une position de pouvoir pour l’expression naturelle d’une personnalité alors qu’elle a pour condition précisément l’éradication préalable de toute personnalité revient expressément à revendiquer la gloire de la soumission au pouvoir comme préalable à sa conquête. Il convenait autrefois à certains esclaves de toujours mieux exalter la gloire de la férocité de leur maître pour mieux faire entendre leur orgueil d’en être les esclaves.
On ne partage pas cette aversion avec beaucoup, et de plus, la note se paie cher; les esclaves modernes n’entendent pas facilement laisser circuler cette forme de dégoût pour ce qu’ils admirent. Ce partage-là n’existe que subtilement et avec égard, à l’humaine adresse que partage tout semblable, car toute forme de conflit direct ne peut que nous en rapprocher exagérément.
Transhumance sur les chemin des voies du spectacle, une chevalerie errante voyage au travers des ombres à la recherche de ses attaches.
...TRANSHUMANT SUR LE CHEMIN DES VOIES DU SPECTACLE, NOUS DÉBUSQUONS LE SPECTACLE COMME LES MOUCHES LA MERDE ET LES FLEURS
Berlusconi e’ forte », questo si dice oggi! Siamo tutti schiavi...